13 mars 2012

L'inventaire à la Prévert

Aviez-vous remarqué qu'il n'est à peu près plus question de raton par ici?

Un inventaire à la Prévert est une liste hétéroclite, d'éléments qui semblent n'avoir aucun lien entre eux. Cette expression est née de ce poème de Jacques Prévert.

Inventaire

Une pierre
deux maisons
trois ruines
quatre fossoyeurs
un jardin
des fleurs

un raton laveur

une douzaine d'huîtres un citron un pain
un rayon de soleil
une lame de fond
six musiciens
une porte avec son paillasson
un monsieur décoré de la légion d'honneur

un autre raton laveur

un sculpteur qui sculpte des Napoléon
la fleur qu'on appelle souci
deux amoureux sur un grand lit
un receveur des contributions une chaise trois dindons
un ecclésiastique un furoncle
une guêpe
un rein flottant
une écurie de courses
un fils indigne deux frères dominicains trois sauterelles un strapontin
deux filles de joie un oncle Cyprien
une Mater dolorosa trois papas gâteau deux chèvres de Monsieur Seguin
un talon Louis XV
un fauteuil Louis XVI
un buffet Henri II deux buffets Henri III trois buffets Henri IV
un tiroir dépareillé
une pelote de ficelle deux épingles de sûreté un monsieur âgé
une Victoire de Samothrace un comptable deux aides-comptables
un homme du monde deux chirurgiens trois végétariens
un cannibale
une expédition coloniale un cheval entier une demi-pinte de bon
sang une mouche tsé-tsé
un homard à l'américaine un jardin à la française
deux pommes à l'anglaise
un face-à-main un valet de pied un orphelin un poumon d'acier
un jour de gloire
une semaine de bonté
un mois de Marie
une année terrible
une minute de silence
une seconde d'inattention
et ...

cinq ou six ratons laveurs

un petit garçon qui entre à l'école en pleurant
un petit garçon qui sort de l'école en riant
une fourmi
deux pierres à briquet
dix-sept éléphants un juge d'instruction en vacances assis sur un pliant
un paysage avec beaucoup d'herbe verte dedans
une vache
un taureau
deux belles amours trois grandes orgues un veau marengo
un soleil d'Austerlitz
un siphon d'eau de Seltz
un vin blanc citron
un Petit Poucet un grand pardon un calvaire de pierre une échelle de corde
deux soeurs latines trois dimensions douze apôtres mille et une nuits
trente-deux positions six parties du monde cinq points cardinaux
dix ans de bons et loyaux services sept péchés capitaux deux doigts
de la main dix gouttes avant chaque repas trente jours de prison
dont quinze de cellule cinq minutes d'entr'acte

et ...

plusieurs ratons laveurs.

10 mars 2012

Le labyrinthe du Plateau

Peu importe la façon de l'envisager, ce poteau véhicule de l'information erronée.
La question s'est imposée lorsque j'ai aperçu une grosse Murano se faufiler entre une ambulance et les voitures stationnées sur la rue St-André : mais où s'en va cette personne? Ce quartier est parsemé de pièges à cons qui font que les automobilistes se retrouvent à tourner en rond, à revenir sur leurs pas, et de façon générale, à se voir poussés vers les artères autour du quartier. Conséquemment, chaque fois que je vois une voiture s'aventurer dans le quadrilatère St-Denis – St-Grégoire – Papineau – Mont-Royal, je m'arrête un instant à me demander si son conducteur sait où il s'en va. Si ce n'est pas le cas, il s'apprête à vivre un monde de frustration qui aurait été évitable.

Je suis pleinement d'accord avec les sens uniques, les accès interdits, les dos d'âne, et autres mesures d'apaisement de la circulation qui ont été appliquées ces dernières années. Vouloir vivre en ville ne signifie pas vouloir vivre au milieu de millions de voitures, et ce n'est pas nécessaire que ce soit ainsi dans un quartier résidentiel comme celui-ci.


L'indication illustrée dans l'image me laisse toutefois un peu perplexe. Certes, on souhaite que ceux qui ne font que passer dans le quartier le fassent en empruntant les artères et non les petites rues, mais je m'explique mal le panneau «sud» que vous voyez là. Constatez-vous l'anomalie?


Je vais vous laisser un moment pour y penser...


Le panneau «sud» invite l'automobiliste à se diriger vers l'est sur la rue Gilford, alors qu'il se dirigeait pourtant déjà vers le sud sur Mentana, voie qui aurait bien pu le mener, par exemple, aussi bas que la rue Cherrier. On comprendra que l'invitation visait probablement à ce que le le trafic rallie la rue Papineau, qui mène entre autre jusqu'à la rue Notre-Dame, tout au sud, ainsi qu'au pont Jacques-Cartier et donc sur la Rive-Sud.


Cependant, depuis 2011, lorsqu'on circule vers l'est sur Gilford, un virage à droite obligatoire a été imposé sur la rue Chambord. Il faut donc descendre par celle-ci, qui se termine à la rue Rachel, qui se trouve bien au nord de la rue Cherrier (toujours par exemple). À moins qu'un panneau semblable se trouve au coin de Chambord et de Rachel... On peut en douter, puisque de cette intersection, on peut certes rejoindre Papineau, qui mène aux endroits susmentionnés, mais on peut également choisir d'emprunter la rue du parc Lafontaine, qui devient Ahmerst et aboutit directement dans le Centre-Sud.


Peut-on imaginer que ce discret panneau vert ne serve désormais qu'à distraire ceux qui ne sont pas familiers avec le quartier, ceux-là même qu'on tente d'écarter des environs? Celui qui connaît moins bien la ville aura tendance à tourner au lieu de continuer. Il semble qu'il s'agisse là un exemple de signalisation visant à leurrer les gens dans une direction qui ne sert pas vraiment leurs intentions.


Si on l'utilise avec parcimonie, c'est une amusante façon de décourager le trafic évitable... Ou ai-je négligé une explication plus simple?

9 mars 2012

Anachronisme

Un bond technologique de plus de cinquante ans.
En guise de cadeau d'anniversaire, j'ai reçu une table tournante munie d'une sortie USB, ce qui permet de numériser le contenu de disques vinyle.

Sur la photo, on remarque ladite table tournante reliée à un mini portable qui enregistre la musique en provenance du disque à l'aide d'un logiciel. Ce disque, c'est Somebody Touched Me, de Ruth Brown and her Rhythmakers, paru en 1954. Il s'agit d'un disque 78 tours ayant appartenu à une amie de ma grand-mère. Remarquez que le meuble sur lequel sont posés tous ces objets est une chaîne stéréo antique pouvant également lire ce type de disques, et ayant également appartenu à cette même personne.


L'amalgame de ce meuble, de mon nouveau jouet qui tourne, du vieux disque et du mini portable me semble un amusant anachronisme.

2 mars 2012

Sense of impending doom

Pas exactement ce dont je parle, mais c'est tout aussi perturbant.
Comment traduire le mot «doom» de cette expression de façon à véhiculer son sens avec précision? En bref, il s'agit de la nette impression que la fin approche et qu'il n'y a rien qu'on puisse y faire.

Cette sensation regroupe une sourde terreur, un désespoir complet, une résignation pénible. Son origine demeure nébuleuse, sa rationalité, discutable, mais c'est un sentiment bien réel, qui gruge depuis l'intérieur et laisse le sujet agité, insomniaque, distant.


C'est une ombre qui plane et qui n'annonce qu'une chose : elle s'abattra et détruira sa victime, inexorablement.


Alors... catastrophe imminente? 
Proche anéantissement? Perte prochaine?

J'attendrai vos idées, en ne dormant évidemment pas.

25 février 2012

Le deuxième comte d'Essex

Image prise avant la décapitation, sans doute.
Il doit se trouver des lecteurs de ce blogue de l'Empire Raton qui ne suivent pas celui du Pool nécroludique, alors je me permets de souligner l'histoire de Robert Devereux, deuxième comte d'Essex, qui est racontée ce 25 février.

Bien que ce pool traite surtout de personnes décédées récemment, le comte ne vient évidemment pas de mourir. Ça fait plus de quatre cents ans, en fait. Mais il existe une rubrique rétro sur le blogue du pool, pour les journées où rien d'actuel n'est à signaler, et c'est parfois cette rubrique qui recèle les récits les plus intéressants, à mon avis. Le 25 février était le 411e anniversaire de l'exécution du deuxième comte d'Essex, le dernier homme décapité à la Tour de Londres.

24 février 2012

Devant chez moi...

Après quatre heures sur trente prévues...
Il a neigé pendant environ quatre heures jusqu'à présent, et ça continue de tomber de façon furieusement abondante. Déjà, l'un des arbustes qui ornent l'avant de mon logis est pratiquement enseveli. Ses quelques petites branches toujours visibles lui donnent l'air d'un noyé qui appelle à l'aide. Je demeure scotché à ma fenêtre et je regarde les autres arbrisseaux perdre leur air de brocoli pour en prendre un de chou-fleur.

Oh! Il y a les Ghostbusters chez les voisins d'en face! Ah, mais non... Désolé, c'est mon erreur. C'est simplement un homme qui se promène devant les larges fenêtres nues du vaste local commercial en agitant un grand tube relié à une machine qu'il porte sur son dos. Probablement un aspirateur. C'est vraiment à s'y méprendre, cependant.


Un individu au volant d'une voiture rouge assez usée s'arrête devant moi, du côté éloigné de la rue, puis regarde dans son rétroviseur. J'amorce une réflexion sur l'apparente — et inhabituelle — absence de place disponible pour stationner, mais j'y mets fin lorsque je constate la raison de l'immobilisation du tacot : une auto-patrouille la suit de près, et ses gyrophares en action semblent indiquer que ses occupants souhaitent s'entretenir avec l'automobiliste. Malheureusement, cette anecdote ne possède pas de conclusion spectaculaire, d'explosion ou de cascades époustouflantes. Au bout d'une dizaine de minutes, tout le monde repart tranquillement.

Si les camions à déchets étaient équipés de chasse-neige... [cette idée s'arrête ici]


C'est ainsi que se déroule un mois de février schizophrène au coin de St-Hubert et Laurier.

23 février 2012

Fondation Délires «d'Enfants»

Cet homme pourrait être Batman.
La Fondation Rêves d'Enfants permet à des enfants gravement malades de réaliser un rêve, que ce soit de nager avec les dauphins, d'accompagner l'Impact de Montréal au Portugal ou encore de faire la cuisine avec le chef Daniel Vézina.

J'ai eu de la fièvre ces derniers jours, et au pire de la crise, tard mardi soir, j'ai légèrement déliré et j'ai imaginé quel serait mon rêve si existait une Fondation Rêves d'Adultes À Peine Un Peu Malades.


Spontanément, j'ai pensé que je voudrais aller voir un match du Canadien dans une taverne avec Gérald Fillion. En jeans et en t-shirt, on parlerait d'économie en se foutant de la game. Ce gars-là, derrière sa cravate, cache quelque chose d'intrigant... serait-il Batman?


En y repensant maintenant que la fièvre semble partie, peut-être aurais-je d'autres rêves.


Participer à une expédition organisée pour aller voir les ours blancs réunis près de Churchill, au Manitoba, qui attendent que la baie d'Hudson soit gelée pour amorcer leur saison de la chasse. Comme cette aventure, offerte par Tundra Buggy Adventures. C'est un moment unique dans l'année, où les ours blancs cohabitent pacifiquement.


Manger au Boiling Pot, à Austin, au Texas. C'est un resto de fruits de mer de style cajun où d'entrée de jeu, on remarque que les tables, immaculées, ne sont garnies que de rouleaux d'essuie-tout et de condiments. Pas d'ustensiles : on mange avec les mains. Pas d'assiette non plus : la nourriture est déposée à même la table. C'est un bordel de décadence qui doit être des plus succulents.


Décider pendant un mois de la programmation d'une salle de cinéma. J'en profiterais pour y présenter les films que je préfère, évidemment, comme la version récemment restaurée de Metropolis, L'année dernière à Marienbad, Night of the Living Dead, The Thing, Poltergeist, UndergroundLola rennt, Dancer in the Dark...


Je serai prêt si la fièvre revient!

20 février 2012

D'où vient la nostalgie?

Mais qui est ce castor?
J'ai déjà déterminé que ma mémoire à long terme est incapable de la moindre classification en ordre chronologique. Je me souviens d'images, de gens, et surtout de lieux. À partir des lieux et des gens, j'en viens à déduire la suite logique des choses, et ça se place à peu près chronologiquement.

J'imagine que la nostalgie vient de là également. La mémoire des lieux ou des gens mène à repenser à des moments, et ceux-ci portent parfois des sentiments. Ressentir un fantôme de sentiment qui a existé à une autre époque risque fort de générer un certain trouble, qu'on peut alors fuir ou savourer. Ce serait ça qu'on appelle la nostalgie.


C'est un peu décevant d'avoir trouvé une réponse plausible à ma question dès le deuxième paragraphe. Tant pis, on se reprendra une autre fois.


Dans ma chambre de jeune enfant, j'avais une affiche arborant le logo que vous pouvez voir en haut de ce texte. Le reconnaissez-vous?

16 février 2012

Brouillon de décision

Partout.
Il est possible que la phrase qui puisse me réconcilier avec la prise, par une personne proche, d'une décision qui affecte directement ma vie, serait la suivante : «J'ai peut-être tort, mais pour l'instant, c'est la voie que j'ai choisi de prendre.»

Évidemment, encore faut-il que la personne qui prononce la phrase en comprenne l'implication, décrite plus bas.


Je ne fais référence à aucun événement en particulier, c'est simplement une formulation qui me conviendrait. Elle inclut tous les éléments qui me semblent absolument nécessaires à prendre une décision importante.


  • On ne possède pas la Vérité, et on ne prend pas une décision parce que c'est La Bonne Décision À Prendre. On prend une décision un peu pour les motifs logiques qui la sous-tendent, un peu poussé par le souffle de notre intuition du moment, un peu parce qu'on a peur, un peu parce qu'on est fier, un peu parce qu'on est téméraire. On comprend donc qu'on peut avoir tort.
  • Une décision est prise aujourd'hui. Le facteur temps amène le contexte, sans lequel la décision n'a aucune pertinence. C'est justement la raison pour laquelle on prend une décision : modifier les éléments entourant notre situation actuelle ou influencer les événements à venir. Conséquemment, même si certaines décisions s'avèrent éventuellement permanentes, on comprend que la décision qui est prise ne s'applique qu'au moment où elle est prise, et qu'une décision divergente, voire contraire, est toujours possible.
  • Même si on est conscient de la faillibilité de la justesse d'une décision, et même si on sait que celle-ci est ponctuelle et peut — doit! — être remise en question à volonté, on choisit de prendre une décision. Qu'elle soit anodine ou déchirante, élémentaire ou fastidieuse, on comprend qu'on est responsable du choix que l'on fait de prendre cette décision.
Si on s'attendait maintenant à une brillante conclusion, on va être déçu, laissez-moi vous le dire. La phrase à l'origine de cette courte réflexion m'est apparue ce soir, et j'ai cru qu'il y avait un peu de chair autour de son os.

Ceci est donc un premier jet de brouillon de quelques paragraphes qui se retrouveront peut-être dans mon grand projet d'écriture dont l'aboutissement devrait être une sorte de mode d'emploi... de moi. J'y ai fait référence il y a un an déjà.

Au lieu de laisser dépérir ce blogue, voici donc qu'il connaît une nouvelle vocation de carnet de notes. En fait, c'est bien l'utilité qu'il avait à sa toute première incarnation, en quelque sorte.

29 décembre 2011

Devant chez moi...

Il s'appelle Gérald.
Je fais autre chose et subitement, je me sens observé. Un piéton regarde peut-être mes activités à travers ma fenêtre super propre. En levant les yeux, je constate que le piéton est un pigeon. Il marche et pédale difficilement sur la glace qui se trouve sur le trottoir devant chez moi.

Je retourne à mes occupations.


Soudain, il se présente de nouveau, juste devant ma fenêtre. Je lui lance des graines de citrouille crues, par poignées, et il ne les aime pas.


J'entends japper. Ce ne sont pas les chiennes folles de mon voisin fou, mais un autre chien, noir, qui souhaite manger ce pigeon. Ou du moins, c'est l'intention qu'il manifeste.


Bataille de chien et de pigeon devant moi. Le volatile s'envole, le chien est ramené à l'ordre par sa maîtresse.


Il fait dix-huit sous zéro, et je suis heureux d'être de ce côté-ci de la fenêtre.


C'est ainsi que se passe une journée crissement froide au coin de St-Hubert et Laurier.

8 décembre 2011

Il barbarouffe

Un lamantin et une sirène. Le dugong n'était pas disponible pour la photo.
Oui, il émet un barbarouffement.

On parle ici du dugong, dont j'ai appris l'existence en même temps que j'ai appris l'existence du nom de son cri. Il est cousin du lamantin, avec qui il partage peut-être l'origine du mythe de la sirène. Ces deux herbivores marins font partie de l'ordre des Sirenia.

Les glandes mammaires de la femelle du lamantin, qui se gonflent lorsqu'elle est en période d'allaitement, seraient situées assez proche de celles d'une femme, soit sur les côtés du thorax, alors que celles de la plupart des autres mammifères se situent plutôt sur l'abdomen. Cette caractéristique, de même que le chant mélodieux du lamantin, pourrait avoir un lien avec le fantasme de la sirène.

Toutefois, c'est la queue du dugong qui se rapproche de celle de la mythique créature, puisque celle du lamantin prend le plus souvent une forme ovoïde, un peu comme celle d'un castor.

Ceci dit, la véritable question que vous et Paul Arcand aurez détectée dans toute cette histoire : comment la sirène se reproduit-elle? Ce n'est pas une question nouvelle, loin de là, mais aucune solution avancée jusqu'à présent ne m'a convaincu. 


Personne n'a jamais vu de sirène enceinte — que je sache. Serait-elle ovovivipare, comme l'ornithorynque? Ça voudrait donc dire qu'elle pondrait des œufs.

La femelle de celui-ci ne possède pas de mamelons et allaite les petits sortis de l'œuf par suintement du lait à travers des pores de sa peau. Or, la sirène semble manifestement posséder des seins — ou devrait-on dire des mamelles? Elle pourrait donc allaiter comme un mammifère après l'éclosion.


Jusqu'ici, ça se tient, c'est sensé. N'est-ce pas?


Mais comment copulent le dugong, le lamantin? Le mâle de la sirène (le triton) est-il équipé adéquatement pour procéder de la sorte? Et sinon, comment procèdent-ils? La sirène pond-elle une multitude d'œufs qui seront ensuite fécondés par le mâle?


Tout ceci est bien douteux. À votre avis?

3 décembre 2011

Cher Martineau...


Ceci est un méchant moulin gauchiste qui crache du feu.

[Reprise d'un extrait du dernier élan d'argumentation creuse et de mauvaise foi de Richard Martineau, puis le commentaire que j'ai laissé à sa suite, sur son blogue. Mon commentaire a été publié là-bas, et je retranscris ici, mot pour mot.]

«En connaissez-vous, madame Locas, des agresseurs qui se sont pendus dans le garage de leurs parents car ils souffraient dans leur corps et dans leur âme d’être des monstres ?»


Oui, j'en connais un. Très précisément dans le garage de ses parents.


S'il faut absolument vous l'expliquer, monsieur Martineau, je vais le faire : ce que votre correspondante vous dit, c'est que ce n'est pas toujours en punissant l'agresseur qu'on corrigera le problème. Elle parle d'aller chercher le véritable problème sous-jacent afin de le régler une fois pour toute. L'agresseur n'est pas une victime, ce n'est que vous qui affirmez — bien fallacieusement — que quelqu'un, quelque part, pense une telle chose.


Évidemment que la victime est une victime. Madame Locas ne l'a assurément pas nié. Vous vous indignez qu'elle ne parle pas de la victime. C'est parce qu'elle est en train de répondre à vos propos démagogiques et non pas en train d'écrire une thèse de maîtrise. Il faut choisir les informations qu'on communique lorsqu'on correspond avec les gens.


Voyez, je ne parle pas de Marjorie. En déduisez-vous que je pense que c'est bien fait pour elle? Ce serait complètement ridicule.


[Vous aurez remarqué, chers amis, que mon commentaire manque un peu de la formulation élégante que je tente d'adopter en général. Après l'avoir écrit, j'y ai repensé et je me suis dit que ça ne valait à peu près pas la peine d'argumenter, alors je l'ai envoyé sans le relire, puis je l'ai copié ici. Une discussion reposant sur des arguments doit d'abord posséder un fondement pour tenir debout. Or, dans le cas présent, ce cher Martineau s'obstine avec lui-même, comme d'habitude, en s'inventant des antagonistes qui n'existent pas vraiment.


Quant à vous, monsieur M, vous devez comprendre que l'exagération systématique ne mène pas à la polémique, mais au ridicule et à l'isolement, où vous vous dirigerez irrémédiablement en continuant de courir après des scandales aussi pertinents que la menace imaginée des moulins d'un fou — heureusement fictif — d'une autre époque.]

2 décembre 2011

Venez jouer...

Femme zombie au bar. Maquillage de Remy Couture.
Tiens, je remarque que je n'ai pas encore annoncé la période d'inscription au Pool Nécroludique sur ce blogue. Alors avis à tous mes lecteurs qui ne seraient pas déjà des amateurs de pool de la mort : vous êtes invités à jouer avec nous.

Voici ce dont vous aurez besoin :


Au plaisir de vous compter parmi nous. Vous avez jusqu'au 31 décembre soumettre votre inscription.

21 novembre 2011

Devant chez moi...

Je hais cette chose.
«Chienne folle» me semble avoir une toute autre consonance que «chien fou». C'est bien sûr une question tout à fait subjective et influencée par je ne sais quel stimulus culturel. Toujours est-il que j'en viens à cette conclusion en constatant que l'un des chiens fous de mon voisin fou est une chienne. Et ceci, je le découvre en l'entendant l'appeler Léa. C'est le nom d'une des filles d'une personne chère à moi que je fréquente. Petit malaise.

Une dame passe en courant, accompagnée d'un minuscule chihuahua qui bondit au bout d'une laisse. Arrivé droit sous mes yeux, le chien se place sur le chemin de la dame, qui lui pile dessus. S'ensuit une gigue effrénée entre le chien, qui s'énerve — avec raison — et sautille dans tous les sens en piaillant, et sa maîtresse, qui... qui agit à peu près de la même façon. Au bout de quelques secondes, l'un et l'autre se calment, ils échangent un regard que le chien ne comprend évidemment pas, puis ils reprennent leur route.


Léa se fait gronder : «Là, on arrête de courir après les chats!» L'erratique trio — le voisin fou, son chien fou et sa chienne folle — poursuit son chemin. Avant qu'ils soient trop loin, j'entends un bout de la suite du partage de sagesse entre deux de ces trois personnages : «Parce que les chats sont des amis...» 
J'ai le voisin le plus involontairement divertissant.

C'est ainsi qu'évolue la gent canine au coin de St-Hubert et Laurier.


P.S. Ce n'est pas devant chez moi, mais bien à l'intérieur de son appartement qu'aujourd'hui, le voisin avec qui je partage le portique de l'édifice où j'habite a laissé ses chiens fous chier partout chez lui. Voici que l'odeur s'est répandue sans subtilité jusque chez moi, tranquillement. Je déteste ces chiens, mais sérieusement, je ne leur souhaite pas de patauger dans leur merde. Ce voisin s'approche du pire voisin que j'aie connu.

Devant chez moi...

Du blanc au sol... Mais ce n'est pas de la neige, alors c'est acceptable.
J'entends l'orage se préparer, mais je ne le regarde pas; je fais dos à la fenêtre, avachi sur le divan. Le tonnerre grommelle et les éclairs présentent un spectacle de lumière sur les murs du salon. C'est à ce moment jusque là paisible que je me vois attaqué par une pluie de grêlons de la taille d'autant de bleuets. Branle-bas de combat le temps de réaliser ce qui est en train de m'arriver. Puis je referme la fenêtre. Tu parles...

C'est ainsi qu'on apprécie la météo au coin de Saint-Hubert et Laurier (il y a un mois).

20 novembre 2011

Anti-vente de garage

Mais où est passé mon agilité quand vient le temps de modifier une image...
Qui a remarqué l'arrivée d'un nouvel aspect à l'Empire Raton, dans le menu situé à la droite de l'écran?

Je n'y vends rien, puisqu'il ne s'agit pas d'une vente de garage, mais bien d'une anti-vente. Je ne répéterai pas l'explication que vous trouverez en cliquant sur le lien dans le menu (ou ici, si vous y tenez, c'est la même chose).

14 novembre 2011

Le raton, le brocoli et moi

Du brocoli, c'est bon.
Voici venu un moment difficile pour moi. Depuis maintenant plus de douze ans, l'identité d'un raton laveur me suit en ligne. Je ne m'en plains évidemment pas, et j'utilise cette identité abondamment. Le nom de ce blogue n'est d'ailleurs pas un accident, le raton faisant partie de la famille des procyonidés.

On mange n'importe quoi, on vit principalement la nuit, on a du noir autour des yeux — des cernes dans mon cas — et on est très imprévisible quant à nos contacts avec les gens. Cet animal et moi avons des choses en commun.


Mais une différence importante vient d'être découverte, et elle me fait beaucoup de peine. Le magazine Vice s'est livré à une étude intéressante dont il est ressorti que les ratons laveurs n'aiment pas les brocolis.


Mes rêves de manger des brocolis entouré de ratons dans la forêt vient d'en prendre un sacré coup...