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Destruction

Le dernier des restaurants Eurosnack a fermé ses portes l'été dernier. On y mangeait, à mon avis LA meilleure poutine à Montréal. Cette affirmation n'est pas faite à la légère et résulte d'une longue réflexion. Le Hard Rock Café de la rue Crescent est également fermé depuis septembre dernier, et le Medley de la rue Saint-Denis a suivi peu après.


La construction de l'Adresse symphonique et le changement de trajectoire du boulevard de Maisonneuve ont entraîné la fin de ce qui restait de la rue de Montigny. On se souviendra que cette rue est à l'origine du nom original de la station de métro Berri-UQAM, bien que la rue de Montigny ait déjà été rebaptisée en boulevard de Maisonneuve au moment de l'ouverture de cette station, en 1966.

Ces pertes sont malheureuses, mais ça peut arriver : on doit parfois modifier le tracé d'une rue qui ne sert à rien, et il est fréquent qu'un commerce échoue et se retrouve obligé de fermer.

Ce qui me dérange davantage, c'est lorsque la perte d'un élément déterminant est le fruit d'une décision discutable.


Le fameux T avec une flèche, logo de la Société de Transport de Montréal depuis au moins l'époque d'un lointain ancêtre — la Commission de Transport de Montréal, mise sur pied en 1950 —, a définitivement cédé sa place à d'affreux chevrons tricolores, hier. Ça ne fait pas encore deux ans qu'on peut le voir sur les autobus et ce nouveau logo me semble déjà usé...

Une source bien renseignée que j'affublerai du nom de code de «Benoit» m'indique que le logo du métro (la flèche pointant vers le bas) serait modernisé prochainement, lui aussi. Ça me paraît tout à fait inacceptable. Il s'agit d'une partie de l'identité visuelle de la ville, pas seulement de la STM.

Ces dernières années, des institutions comme le Spectrum et le bar Sherbrooke sont disparue. Bientôt, le boulevard Saint-Laurent sera défiguré et perdra un autre morceau, le Café Cléopâtre, dont la valeur historique dépasse largement pas mal tout ce qui l'entoure.

Je ne suis pas contre toute destruction. Un édifice, bien souvent, peut être remplacé, souvent par mieux. Ce qui est plus important de considérer, c'est ce qui se trouve à l'intérieur. Certes, le Vieux Dublin, le Club Soda, le Montreal Pool Room et le 281 ont été forcés de déménager, et leur relocalisation s'est avérée un succès. Ce n'est cependant pas toujours le cas, et il n'y a pas que le rapport entre l'édifice et son contenu qui compte, mais également le rapport entre l'institution et son quartier.

Si on veut «revitaliser» un quartier, il est important de le faire autour des institutions importantes qui s'y trouvent. Rien n'aurait empêché la conservation des principaux commerces du boulevard Saint-Laurent au sud de Sainte-Catherine en construisant le futur Quadrilatère. Il apparaît donc assez évident qu'il ne s'agit pas de revitalisation mais de redéfinition et d'aseptisation d'un coin qui aurait pourtant eu besoin d'un coup de main plus constructif.

Récemment, certains citoyens ont participé activement à tenter de freiner la démolition du restaurant Vincent Sous-Marins de la rue Laurier au profit de condos. Jusqu'à présent, l'effort a fonctionné. Si on est capables de se mobiliser pour sauver un misérable shack à patates en forme de grange (chose avec laquelle je suis tout à fait d'accord, en passant), pourrait-on bouger un peu quand on se fait voler des morceaux de ville plus importants?

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Les cathédrales de Montréal

Voici un beau montage avant-après de ce qui était l'église St-Jacques et qui est devenu le pavillon Judith-Jasmin de l'UQÀM. (via Spacing Montréal)

Le résultat est une espèce de monstre architectural comme je les aime.

Notez que bien avant cette époque, jusqu'en 1852, l'église St-Jacques était la cathédrale de Montréal, avant d'être détruite par un incendie. Elle fut d'ailleurs incendiée et reconstruite trois fois par la suite, en l'espace de 81 ans.

Le rôle de cathédrale de Montréal appartient maintenant à Marie-Reine-du-Monde, depuis 1894. C'est la sixième église à avoir occupé ce rang depuis 1821. La seule autre qui existe toujours aujourd'hui est la basilique Notre-Dame, qui fut la première cathédrale de Montréal. Elle le demeura à peine quelques jours.

Vous pouvez lire l'historique plus développée des cathédrales de Montréal sur le site web de la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde.

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Quand la science pose une question...

... et les médias en font une Vérité.

Vous savez peut-être ce que je pense de la médiatisation d'information du type «une nouvelle étude révèle que...».

Quand on sait qu'une seule étude ne veut rien dire tant qu'elle n'est pas appuyée et testée par de nombreuses autres études, et que le titre de huit mots d'un article de journal tente de résumer de façon punchy un texte qui peut faire 140 pages, dont peut-être 23 de conclusions prudentes et hypothétiques, on ne peut qu'être sceptique quant à l'information qu'on nous fournit.

Ceci dit, une nouvelle étude révèle que la consommation de bacon par une femme enceinte favoriserait l'intelligence du nouveau-né. Voici le compte-rendu du Daily Mail.

Notez qu'on ne fait mention que d'un nutriment, la choline, qui a été utilisé dans l'étude sur des souris. Le bacon contient de la choline. Parmi les autres aliments mentionnés contenant également beaucoup de choline, on compte le poulet, le foie... et le lait! Eh ben. Le lait serait donc également bénéfique pour les bébés.

C'est renversant.

Je sais, je suis plein de mauvaise foi.

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Lhasa


Je m'endormais comme un soir fatigué, ce dimanche. J'ai accroché RDI en zappant et la nouvelle m'a sauté au visage : Lhasa de Sela a rejoint la clairière au bout du chemin.


Je ne m'endors plus. Trois heures plus tard, il n'y a toujours rien à faire.

Je vous invite à aller écouter des extraits, si vous ne la connaissez pas : http://lhasadesela.com

Ce billet n'a pas de conclusion. Triste.

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I am a rock

Dans la catégorie «il y a un autre derrière la façade»...


(Quel mot laid que «façade».)

Les mots que vous écouterez :

A winter's day
In a deep and dark December;
I am alone,
Gazing from my window to the streets below
On a freshly fallen silent shroud of snow.
I am a rock,
I am an island.

I've built walls,
A fortress deep and mighty,
That none may penetrate.
I have no need of friendship; friendship causes pain.
It's laughter and it's loving I disdain.
I am a rock,
I am an island.

Don't talk of love,
But I've heard the words before;
It's sleeping in my memory.
I won't disturb the slumber of feelings that have died.
If I never loved I never would have cried.
I am a rock,
I am an island.

I have my books
And my poetry to protect me;
I am shielded in my armor,
Hiding in my room, safe within my womb.
I touch no one and no one touches me.
I am a rock,
I am an island.

And a rock feels no pain;
And an island never cries.

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Fait noir


Je propose qu'on pousse l'île pour que Montréal dérive plus loin d'un pôle et plus près de l'équateur. Nous conserverions la clarté en soirée, comme en été, tout en évitant l'hiver et ses couchers de soleil à seize heures.


Je nous placerais de façon à ce que les Bahamas soient au nord et Cuba, juste au sud. En fait, je prendrais volontiers l'une ou l'autre île comme voisine en échange de Laval.

Quoique là-bas, le risque d'ouragan serait plus élevé... Tant pis. Je vais rester dans ma maison et faire semblant qu'on est perpétuellement en fin d'après-midi au mois de septembre.

Vous viendrez me porter de la nourriture.

(En attendant, je fabriquerai un îlot dans ma cuisine à partir d'une carcasse de divan.)

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Quelques outils pour écrire

Mon travail consistant notamment à répondre à de nombreux courriels, tout comme le vôtre, peut-être, je me suis entouré d'une série d'outils très utiles. Je vais vous en présenter quelques-uns.

En fait, ces outils ne m'entourent pas vraiment, comme ils l'auraient nécessairement fait il n'y a pas si longtemps, éparpillés sur des étagères. Ils font plutôt partie d'une liste de favoris.

Tout d'abord, celui que je préfère : la Banque de dépannage linguistique de l'Office québécois de la langue française. Il s'agit de réponses à des questions fréquentes concernant la langue, que ce soit en lien avec la ponctuation, la conjugaison, la syntaxe, la prononciation... Par exemple, supposons qu'on se demande si le g de joug doit être prononcé ou non. En cherchant joug, on obtient quelques résultats, dont un article portant sur ce mot précis. Selon l'OQLF, le g de joug est muet.

J'ai récemment découvert le Dictionnaire des cooccurences, de Jacques Beauchesne. Il suffit d'effectuer une rechercher et le dictionnaire nous suggère des adjectifs et des verbes en lien avec le mot recherché. En essayant joug, on découvre qu'on peut fléchir sous un joug pesant, mais qu'il est également possible de s'affranchir de ce joug révoltant. Gare à celui qui nous imposait son joug cruel!

La conjugaison, la ponctuation et l'utilisation d'un synonyme adéquat représentent parfois un défi. À l'occasion, un doute s'installe, et mieux vaut vérifier. En bref :


Il fut une époque où tous ces outils auraient occupé une place importante sur une tablette. Bien sûr, feuilleter un dictionnaire ou un précis de grammaire peut encore être une activité très intéressante. Je ne crois pas que les liens qui précèdent remplacent complètement leurs pendants écrits, mais dans la plupart des cas, le résultat sera connu plus rapidement. C'est parfois ce qui compte.