19 mai 2013

Youpi


Comme c'est beau quand petit à petit tu sors de ma tête
Comme c'est gai quand même à petits pas je m'éloigne de toi
Comme c'est joli tes yeux qui pleurent de jalousie


Ceux qui me connaissent savent que je ne peux pas supporter qu'il me manque une information. Ça provoque chez moi un stress désagréable.

J'ai cherché cette chanson pendant des années sans la retrouver. Je me souvenais qu'elle était composée d'un cycle qui se répétait tout au long de la pièce, et qu'à certains moments, quelqu'un criait un mot qui ressemblait à Vicky. C'est ce qui m'était resté en tête — pas mon amie Vicky, qui était déjà dans ma tête; je parle de ce refrain de deux syllabes — et qui me revenait presque quotidiennement, année après année.


C'est tout. Je croyais vaguement me souvenir que l'essentiel de la musique était faite au piano. Je n'avais même aucune idée de la langue dans laquelle c'était chanté.


J'ai réécouté l'entière discographie de plusieurs artistes dont je savais avoir écouté quelques pièces entre 1998 et 2006, période cible de mes recherches : Joachim Witt, Dionysos, Philippe Katerine, etc. J'ai aussi écouté, il y a quelques mois, de vieille compilations de trucs plus ou moins obscurs que je m'étais fabriquées à cette époque. En vain.

Combien de personnes, au fil des ans, ai-je embêté en demandant leur avis sur ce que pouvait bien être cette chanson, sans pouvoir leur fournir plus d'information que les quelques renseignements qui précèdent...

J'ai cherché activement, longtemps, désespérément. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir retrouvé un minuscule morceau de casse-tête qui fait toute la différence.

J'ai retrouvé cette chanson dans un vieux courriel envoyé le 2 mai 2005... à Vicky. Il s'agit de la chanson Youpi, de Kid Loco (en fait c'est sa version de la chanson du même nom du groupe Cornu). Je me souviens maintenant que j'ai découvert ça en cherchant à en apprendre davantage sur Kid Loco, dont j'adorais la trame sonore composée pour l'émission Delta State.


Tout comme Vicky.


18 mai 2013

Une énigme montréalaise

Le pont Papineau-Leblanc, qui fait partie de l'autoroute 19,  relie Montréal à Laval.

Ça fait plus de cinq ans que je suis tombé sur cette énigme que Steve Faguy a mise en ligne sur son blogue. Je viens de la retrouver et j'ai envie de vous la soumettre.


Ce qui suit est une traduction de l'énigme, parue le 21 janvier 2008.

La plupart des Montréalais de longue date identifieraient probablement la relation qu'entretient chaque endroit identifié dans la colonne A avec son voisin de la colonne B — la même relation dans chaque cas.

Mais ils auraient tort. Pourquoi?

AB
Sainte-DorothéeBoucherville
Berri-UQAMLongueuil–Université-de-Sherbrooke
L'aéroport Pierre-E-TrudeauL'aéroport de Saint-Hubert
Le pont Papineau-LeblancLe pont-tunnel Louis H. Lafontaine
L'hôpital du Sacré-CoeurL'hôpital Maisonneuve-Rosemont
Le Centre sportif Claude-RobillardLe stade olympique
L'intersection St-Laurent et Crémazie L'intersection Sherbrooke et Pie-IX

Donnez-vous une chance d'y réfléchir un instant avant de cliquer ici pour aller voir la publication originale, et la réponse.

28 avril 2013

Des débuts à finir


J'ai l'impression de ne plus savoir comment écrire. Ce n'est pas parce que je manque d'idées : j'ai plein de débuts à finir. Par exemple, j'aimerais bien que vous puissiez lire les délires grivois d'Éloi le cochon, série dessinée au look trompeur d'histoire pour enfants, ou mon guide du piéton, outil puissant pour tout déambulateur urbain. Dans les deux cas, je me suis arrêté en cours de route.

Entre le prometteur Projet 31, qui stagne depuis des mois, et le très élaboré mode d'emploi de ma personne, magnum opus grandiose qui ne sera peut-être jamais terminé à ma satisfaction, une multitude d'autres ébauches traînent dans des états plus ou moins avancés de complétude ou d'abandon. Les aventures rocambolesques de Dravo et Pango méritent probablement plus d'attention de ma part, tout comme les réflexions obscures portant sur la machine à 3000 $ (dont la seule fonction est de produire la somme de 3000 $) et sur la notion étrange selon laquelle ce serait toujours mardi.


Un rapide coup d'œil vers mon babillard, dans la section «viande crue», où je répertorie les idées pas encore tout à fait formées, me permet de constater que j'en aurais possiblement pour des années à écrire, si je m'y mettais. Je pense entre autre à la théorie du karma statistique, qui généra une euphorie inquiétante le jour où elle me frappa pendant un trajet en métro, ou à cet essai sur le cycle de la pauvreté et des lacunes dans l'éducation des enfants, qui me laissa déprimé comme un manteau sale après une marche dans St-Henri.


J'ai commencé à écrire pour le plaisir après avoir lu Les aventures de Sivis Pacem et de Para Bellum, de Louis Gauthier. C'était autour de 1992; j'avais donc autour de onze ans. Sept ans plus tard naissait la première version de ce site, un 28 avril. Quatorze ans plus tard, je me demande si j'ai envie de continuer.


On verra bien.

27 avril 2013

Levez les yeux!

Levez les yeux pour voir les sculptures de la station Monk.
(photo empruntée à metrodemontreal.com)

Le 19 avril dernier, une jeune femme de vingt ans est décédée d'une façon particulièrement horrible au moment où elle allait monter dans une voiture de métro à la station Monk, dans Ville-Émard. Comme tant d'autres utilisateurs du métro, Audrey-Anne Dumont s'est fiée à sa vision périphérique et n'a pas vraiment levé les yeux de son téléphone mobile en avançant vers la rame de métro, qui venait de s'immobiliser. D'habitude, ce n'est pas un problème, on détecte l'ouverture devant soi, là où se trouvent les portes, et on entre sans danger.


Dans ce cas-ci, Audrey-Anne devait être particulièrement absorbée par son appareil, puisqu'elle s'est aventurée entre deux voitures de métro au lieu d'entrer dans l'une d'entre elles. Elle est tombée sur la voie, et ce n'est que deux stations plus loin, à Verdun, qu'un utilisateur du métro a remarqué des traces de sang et a alerté les autorités.


J'espère que le monde sensé va comprendre qu'il s'agit d'un malheureux accident et laisser TVA et consorts chercher des coupables en laissant entendre que la STM pourrait être fautive d'une quelconque façon. À l'opposé extrême du monde sensé, j'attends toujours le commentaire de Martineau, qui associera sans doute le conducteur du métro à Oussama ben Laden et à Gabriel Nadeau-Dubois dans l'une de ces analogies fines dont il a le secret.


L'espace entre deux voitures de métro n'est évidemment pas un endroit où il est sécuritaire de s'aventurer, à plus forte raison si le métro s'apprête à repartir. L'espace entre deux voitures qui roulent à toute vitesse sur le boulevard St-Joseph n'est certainement pas plus sécuritaire. C'est pourquoi on nous apprend dès l'enfance à être attentif à ce qui se passe autour de soi quand on traverse la rue. La logique voudrait qu'on le soit à tout moment quand on circule à l'extérieur de la maison.


Bref, levez les yeux, où que vous marchiez! Vous diminuerez ainsi les chances d'être happé par un chauffeur, vous éliminerez le risque de tomber sur la voie du métro, et vous augmenterez la probabilité de croiser le regard d'une personne plaisante que vous pourrez inviter sur une terrasse pour y passer une agréable soirée.

4 avril 2013

Insouciance, art public et far west

Source de la photo : les Internets.

Tous les jours, j'agis sans me soucier que Ian Lafrenière se sente harcelé.

Jennifer Pawluck, une jeune femme de Montréal, a été accusée au criminel d'avoir agi sans se soucier que Ian Lafrenière se sente harcelé (entre autres) pour avoir diffusé cette photo sur Instagram.

Si un graffiti, peint sur un mur situé dans un endroit public, fait en sorte que Ian Lafrenière craigne pour sa sécurité, rien ne l'empêche de chercher à en arrêter l'auteur, si ça peut le rassurer. Je doute que ce soit en s'en prenant à une femme qui a pris une photo du mur en question et l'a publiée qu'il parviendra à mieux dormir, dans la mesure où cette femme, jusqu'à preuve du contraire, n'a aucun lien avec l'auteur de la pièce d'art public.

Qui plus est, la diffusion de la photo est maintenant rendue légitime pour illustrer la nouvelle de cette arrestation. Puisque je ne voudrais pas chatouiller l'hyène susceptible, je précise que c'est d'ailleurs ma seule intention en vous présentant cette photo au sommet de ce texte.

Certes, je ne voudrais pas voir ma face peinte sur un mur avec un trou de balle au milieu du front. Ian Lafrenière étant un personnage public (et détestable), un telle illustration pourrait passer pour menaçante, dans une certaine mesure. Si on était dans le far west, par exemple.

Mais soyons sérieux : la photo n'a rien à voir avec la menace éventuelle dont pourrait découler le graffiti, et il ne s'agit que d'une autre mauvaise farce de la part du SPVM et de son porte-parole, dont les motifs, une fois de plus, ne sont manifestement pas ce qu'ils tentent de nous laisser croire.


Note : J'aimerais cesser d'écrire au sujet du SPVM, mais encore une fois, je dois souligner certaines absurdités.

24 mars 2013

L'argument fallacieux du SPVM


Un panda arrêté.
Le Service de police de la Ville de Montréal, par le biais de son relationniste Jean-Bruno Latour, a affirmé ceci, cité par Hugo Pilon-Larose, de La Presse

«Depuis les trois dernières manifestations, nous intervenons plus rapidement, a confirmé le sergent Jean-Bruno Latour, porte-parole du SPVM. Il ne faut pas prendre en otage les citoyens qui veulent venir au centre-ville de Montréal. Le Charte [des droits et libertés] protège le droit d'expression, mais il n'y pas de droit de manifestation», dit-il.


Vous aurez sûrement remarqué que le bout en gras est une flagrante démonstration d'ignorance, puisque c'est faux.


Ça me dérange, ça me frustre, ça m'inquiète que le SPVM émette une telle affirmation — parfaitement fausse. Ce droit existe, et la juriste Véronique Robert le raconte beaucoup mieux que je serais en mesure de le faire.


J'invite mes lecteurs de la banlieue à lire l'article de maître Robert. Pas que d'emblée je méprise ceux qui viennent de l'extérieur de l'île : j'en suis! Ce texte a cependant le mérite d'expliquer pourquoi les manifestants ne sont pas aussi dangereux que le présente la mentalité qui prévaut généralement.


Parlez-en à vos cousines et à vos oncles. Tout le monde doit savoir que le SPVM nous ment.

12 janvier 2013

La Sriracha


Tu te souviens de la façon dont j'ai découvert la Sriracha? Je ne t'ai pas raconté cette histoire?


Je la connaissais de réputation, elle qui fréquente les marchés douteux et 
les restaurants orientaux, sa robe au reflet rouge chatoyant, avide des regards impudiques de ses nombreux habitués. Pas plus bête qu'un autre, je la désirais aussi. Plus bête qu'un autre, je la désirais de loin.

Je l'apercevais, sur son coin, chaque fois, en émergeant du marché, après avoir ausculté, palpé et empoigné quelques légumes. Mes sens aux aguets me guidaient, me halaient vers elle, au-delà des étalages en vrac des pêcheurs du port. Arrivé devant elle, je me décomposais et je passais mon chemin, le vague à l'âme : c'était bien trop cher payer. Jamais elle ne laissait planer l'ombre d'une diminution de la facture.


Un soir, n'en pouvant plus, je l'ai prise de force et j'ai couru. J'ai couru à travers les allées du marché jusqu'à ce que mon souffle m'ait quitté. Elle était à moi. Juste à moi. Il était trop tard pour faire demi-tour, et j'ai dû en acquitter le prix. Ce soir-là, je l'ai possédée, je l'ai savourée, je m'en suis délecté.


Aujourd'hui, j'ai constaté que la belle avait quitté son coin. Je n'osais pas me l'avouer, mais j'avais compris que c'était ma faute. En m'approchant, le cœur battant au rythme de ma désolation, je n'ai eu d'autre choix que de me rendre à l'évidence : par mon indélicatesse, je l'avais souillée, et cette traînée se donnait désormais à rabais au premier venu.


Pour la première fois depuis le début des Temps, la Sriracha affiche un prix réduit.


Mais on l'aime quand même...

27 décembre 2012

Devant chez moi...


Euh... Je n'ai aucune idée de ce qui se passe devant chez moi aujourd'hui. La vue est bloquée. Heureusement que j'ai des conserves. Au pire, j'ai du gibier bien juteux que je pourrai embrocher.

Au se revoit au mois de mars, quand je pourrai sortir d'ici.

21 décembre 2012

Pool nécroludique 2013


Comme chaque année, je profite de ce blogue pour vous inviter à participer au Pool nécroludique 2013, dont la période d'inscription se termine le 31 décembre prochain. Il reste dix jours!

23 novembre 2012

Hartford, CT


Il ne fait pas vraiment froid. Tu parviens à le ressentir, vaporeusement, bien que tu aies la nette impression d'avoir les os congelés par l'effroi que t'inspire cette maison. Et cette cuisine en particulier. J'éprouve précisément le même malaise, et sans avoir besoin de poser la question, elle s'impose dans nos regards réciproques : où sommes-nous et pourquoi sommes-nous ici?


Nous sommes attablés comme des géants à cette petite table et nous mangeons une étrange pizza au poulet et au brocoli avec des fourchettes en plastique. Manger nous rappelle que nous sommes toujours vivants.


Tu devines, comme moi, que les êtres qui habitent cet endroit n'existent pas vraiment. N'ont-ils pas essayé de nous le hurler, enfouis dans leurs douloureuses carcasses, grises et improbables? N'ondoyaient-ils pas plus qu'ils ne s'appuyaient sur le sol dans leurs lents déplacements, leur forme translucide, masse indistincte de brume épaisse, surnageant en venant à notre rencontre?


La maison de bois craque. L'obscurité ambiante luit en comparaison avec l'ombre qui grandit derrière tes yeux et derrière mes yeux... Nous savons que d'ici peu, la terreur aura achevé de consumer notre résistance. Puis nous craquerons aussi.


Et nous rirons d'un rire vorace, incontrôlable, chaotique... Cette maison est située à l'endroit où se trouve le milieu de la nuit. C'est là où nous perdrons la raison, au moment même où nous serons dévorés par tout ce qui ne vit que sous le couvert des ténèbres.

22 octobre 2012

Intimidation : un mot dans le vent


Tête qui explose. Victime d'intimidation?

Si Guillaume Wagner (qui n'est généralement pas très drôle) doit retirer une blague de mauvais goût — il suffirait de la travailler, elle est remplie de potentiel — de son spectacle, je propose que Marie-Élaine Thibert (qui n'est effectivement pas très belle) retire sa lettre ouverte écrite à ce sujet, où elle étale son ignorance en se disant victime d'intimidation, mot dont le sens lui est manifestement inconnu.


(Peut-être est-ce parce qu'elle l'a trop entendu à TVA, où ce fut le mot le plus prononcé de l'année, à égalité par Richard Martineau et par l'ensemble des députés du PLQ.)

Ajout : J'aurais dû vérifier le contexte avant d'écrire ceci. La blague est tout à fait correcte lorsqu'on la place dans son contexte, comme l'a fait son auteur. Mes excuses pour ça. Je ne le trouve cependant toujours pas plus drôle en général, et mon avis sur elle demeure le même : Cédrika Provencher est bien plus cute qu'elle.

16 octobre 2012

Pas un texte sur Laurent Paquin

Je parle du comportement. Pas de l'incident spécifiquement, ni de l'homme en particulier.

Laurent Paquin, pour ne pas casser d'œufs, ne mange jamais d'omelette. Afin de ne pas produire de fumée, il ne fait non plus jamais de feu, car on sait que l'une ne vient pas sans l'autre. Surtout, Laurent Paquin ne traverse pas la rue, et se trouve ainsi prisonnier de son quadrilatère, car il y a un risque d'être frappé par une voiture.


Laurent Paquin se donne bonne conscience en retirant de son compte YouTube une vidéo où il se moquait de Stéfanie Trudeau, aussi connue sous le nom de matricule 728. «Des gens» auraient été «choqués» et «insultés», selon sa très quelconque explication subséquente, qui est d'ailleurs cinq fois plus longue que l'était la vidéo retirée. Choqués par une courte chanson de Laurent Paquin? Ces gens auront-ils mérité l'infarctus du myocarde qui résultera peut-être du stress conséquent à cet intense moment de stupéfaction?

Laurent Paquin, en publiant une
mauvaise chanson et en la retirant sous de mauvais prétextes, ne déçoit aucune attente, pour la simple raison qu'il n'a toujours généré que de l'indifférence chez moi. Tout au plus, je me désole du manque de qualité de sa chanson et du surplus de pleutrerie manifesté dans l'explication de son retrait. C'est là le vrai sujet de ce court texte.

Laurent Paquin sait très bien que retirer ainsi une vidéo, quelques jours après l'avoir rendue disponible, ne change strictement rien au fait qu'elle continuera de circuler. S'il avait choisi de se tenir debout devant les réactions affolées de certaines personnes fragiles, et s'il avait plutôt décidé de retirer sa chanson en admettant qu'elle était mal écrite et pas drôle du tout, je l'aurais simplement respecté de loin, en toute indifférence.

6 octobre 2012

Le pont de Lake Havasu City

London bridge is falling down, falling down, falling down...

Dans la photo qui coiffe ce billet, à travers les palmiers, l'eau turquoise et les lointaines montagnes rouges typiques du désert Mohave, l'amateur d'architecture en vous aura peut-être reconnu... le pont de Londres!


C'est bien lui. Et ce n'est pas une reconstitution douteuse à la Las Vegas ni un montage : il s'agit bel et bien du pont qui fut inauguré à Londres, au Royaume-Uni, en 1831. 
Dans les années 1960, il devint évident que le pont allait devoir être reconstruit. Plutôt que de simplement détruire le pont désuet, la Corporation de la Cité de Londres choisit plutôt de le mettre aux enchères.

Robert McCulloch venait tout juste de fonder 
Lake Havasu City, Arizona : une ville créée à partir d'un restant de camp de repos militaire dans le désert en 1963, près d'un faux lac relié à un canal. Pour enjamber celui-ci, il ne manquait qu'un pont, et c'est ainsi que le pont de Londres fut démantelé, déménagé en Arizona et reconstitué pièce par pièce.

C'était Apprendre des choses. Retournons maintenant à notre programmation régulière.

1 octobre 2012

Je crois au doute... et au maïs

Je crois au maïs.

Ce texte ne vise pas à affirmer que le maïs transgénique est bon pour vous. Vous allez voir...

On parle depuis quelques temps de la plus longue étude jamais réalisée sur l'éventuelle dangerosité d'un type de maïs génétiquement modifié bien spécifique, le NK603. Évidemment, ses conclusions ne s'étendent pas nécessairement à l'ensemble des organismes génétiquement modifiés (OGM).

À première vue, c'est formidable qu'une telle étude ait eu lieu. Mais sans en connaître toutes les virgules, il est impossible de dire si même le plus grand exposé se tient droit debout ou s'il comporte des failles majeures qui le feraient s'écrouler. Longue, cette étude, mais combien large? Vingt individus dans le groupe témoin? Seulement deux cent têtes au total? Oh... Et pour l'instant, on n'en connaît que de grandes lignes sans nuances.

Certes, moi aussi, les rats pleins de tumeurs dont on a vu circuler des photos, j'ai trouvé ça horrible. On a voulu montrer ces pauvres bêtes pour toucher l'opinion publique, et ça a fonctionné, si on se fie à l'emballement de certaines personnes. Toutefois, si on tient compte du fait que ce type de rats — les malheureux! — développent spontanément des tumeurs avec l'âge, ce qui explique qu'on ne les utilise spécifiquement que dans des études bien plus courtes, question de ne pas contaminer les résultats... et considérant que cette tendance à développer des tumeurs s'accentue lorsque l'alimentation des dits rongeurs n'est pas bien contrôlée — les chercheurs refusent de fournir les données complètes concernant l'alimentation de leurs cobayes —, il serait peut-être temps de concevoir que l'étude dont on parle possède de graves lacunes.


Une étude indépendante?

Je le concède, une étude sur la dangerosité des OGM, si elle est menée par des chercheurs embauchés par une entreprise dont la raison d'être est de produire des OGM, ça laisserait un arrière-goût d'incertitude. Remarquez, la même chose serait vraie si une telle étude était financée par Greenpeace, par exemple, dont la raison d'être est de dénoncer tout ce qui peut sembler mal pour l'environnement. Or, le CRIIGEN, qui a discrètement mené l'étude qui nous concerne et dont le deuxième I du sigle signifie «indépendante», est-il vraiment un groupe indépendant?

Bien sûr que non. Il s'agit d'un groupe militant contre les OGM depuis de nombreuses années. Le premier I du sigle, c'est pour «information», et ils diffusent effectivement, depuis le début du siècle, bonne quantité d'information allant toujours dans la même direction — direction qui va à l'opposé de celle du résultat d'études menées non seulement par des entreprises ayant un intérêt dans l'usage d'OGM, mais également à l'opposé des quelques études véritablement indépendantes qui ont été menées et qui n'ont jamais démontré qu'un danger nous guette.

Bref, cette étude ne règle rien, et la question reste entière.

Que des gens doutent du danger ou de l'innocuité des OGM, je le trouve très sain. Que de nombreuses personnes, qui n'oseront pas toutes l'admettre, en aient peur, je peux le comprendre. Que certaines autres affirment qu'elles sont absolument certaines de leur réel danger, c'est signe que ces gens ne connaissent pas la signification de certitude et font plutôt référence à leur croyance.

Un danger existe peut-être, grand ou petit. Chose certaine, s'il est réel, il ne se laisse pas coincer facilement. D'ici à une découverte concluante, ceux qui y «croient avec certitude» ne peuvent prétendre à autre chose qu'à la foi. On peut y croire, mais on ment en affirmant savoir.

Ce texte ne vise pas à affirmer que le maïs transgénique est bon pour vous.  J'espère vraiment qu'il l'est. J'espère même qu'on pourra en faire la démonstration et que la modification génétique d'aliments pourra un jour être utilisée pour nourrir plus de gens, pour mieux les nourrir, sans qu'ils développent de tumeur.
À défaut de conclusions claires de la science à ce sujet, je préfère bien sûr le maïs qui pousse au naturel.

J'espère que notre inquiétude est infondée. Mais je ne le sais pas. Le monde de la connaissance est loin d'avoir tranché. Le doute demeure la seule rigoureuse vérité, à ce sujet comme à tant d'autres.


(Le récent texte de Valérie Borde, 
Anti-OGM, climatosceptiques: même combat ?m'a poussé à finir d'écrire ce qui précède, qui mijotait depuis un moment. C'est à lire si vous désirez en savoir plus.)

27 septembre 2012

Rôti de mouton

Une sorte d'équilibre...

J'achète de la sauce Worcestershire pour faire un rôti, et ça me laisse une nette impression d'être bel et bien un adulte.

Quelques heures plus tard, je réalise que je préfère mon drap illustré d'un motif de moutons parce que c'est plus facile de savoir dans quel sens le placer.

Tout s'équilibre. La confusion continue de régner.

23 septembre 2012

Devant chez moi...

«I am the Great Cornholio! I need TP for my bunghole!»
«Je te vois tous les jours!» me lance-t-elle en anglais. Je ne suis pas sûr s'il s'agit de la rousse qui habite un peu plus loin ou de son amie asiatique, bien qu'elle se soit avancée un peu vers ma fenêtre. Il fait trop noir. «J'habite ici...» réponds-je bêtement, assis à mon bureau. C'était au mois de mars. Nous sommes en septembre. Elle ne m'a pas dit un mot de plus, bien que je continue de la voir passer presque tous les jours. Opportunisme : zéro.

La rue St-Hubert, de Laurier à Boucher, est un véritable dépotoir à ciel ouvert. Les résidents abandonnent n'importe quoi dans l'allée de verdure qui sépare le trottoir de la rue, n'importe quel jour de la semaine. On a donc souvent l'impression de circuler dans un quartier où il n'y a aucune collecte des ordures. Ce matin, un employé de la Ville de Montréal passe à bord d'un de ces tamanoirs aspirateurs motorisés qui servent à gober les détritus de petite taille afin d'en débarrasser la voie publique. Rigoureux, tentant d'attraper un déchet parmi les autres, l'homme en question mène son bolide un peu trop proche du carré d'arbre situé en face de ma fenêtre. Il y passe trois minutes à essayer de déloger sa roue avant gauche, restée prisonnière du carré d'arbre. Après être sorti de sa machine pour la repousser vers son droit chemin — le trottoir —, le voilà qui repart vers le nord. J'apprécie sans réserve le travail de cette personne. Et mes voisins sont des porcs.


Pour la deuxième fois cette semaine, Beavis et Butt-head, devenus adultes et habitant dans l'immeuble adjacent au mien, tentent de faire démarrer une vieille Chevy Van des années 1970. Le moteur s'arrête dix-neuf fois dans l'ardu processus de quitter le bord du trottoir, redémarrant à chaque essai dans un râlement douloureux. Si on ferme les yeux, le bruit du moteur évoque celui d'une douzaine de slinkys en métal et d'autant de fourchettes dans une sécheuse fonctionnant à la vapeur. Le camion se rend au coin de la rue — le feu est vert, fort heureusement — et disparaît au loin. Pour toujours.


C'est ainsi que j'apprécie le voisinage au coin de St-Hubert et Laurier.

19 septembre 2012

Chère Dermafutura...

Plaisant comme ça.
En décembre 2011, j'ai eu la surprise de recevoir un appel de la part d'une de vos employées située en Suisse — je suis au Québec. Elle offrait de m'envoyer divers produits. J'ai accepté.

Lors de cet appel, il n'a aucunement été question qu'il s'agissait d'une vente. Aucun montant n'a été mentionné, sans quoi je n'aurais évidemment pas accepté. Mon impression, à ce moment, était qu'on m'envoyait des échantillons.

Peu après, je recevais le colis.

Quelques jours plus tard, une autre de vos employées m'a téléphoné pour me demander si les produits étaient satisfaisants. Bien aimable. Puis, elle m'a réclamé 70 $ pour cet achat que j'aurais fait contre mon gré. J'ai naturellement refusé, pour la raison précisée plus haut.

Depuis, vous me harcelez presque quotidiennement, à toute heure du jour. Vous exagérez. Je ne paierai pas pour des produits qu'on m'a envoyé sans jamais même mentionner qu'il faudrait les payer.

-Bonjour, je vous envoie de la crème après rasage! D'accord?
-D'accord!
(après réception de la crème)
-Vous l'aimez? PAYEZ, MAINTENANT!

Et la dernière de vos employées m'ayant appelé m'a offert une réduction de 5%... C'est presque insultant de se faire niaiser de la sorte.

Alors voici ma position : je n'ai aucune obligation de payer pour des produits qui m'ont été envoyés sans mention d'un montant à payer (Loi québécoise sur la protection du consommateur – http://goo.gl/yAviI); vous êtes libres de venir chercher vos produits si vous voulez; votre appel initial était illégal en fonction d'une loi du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (https://www.lnnte-dncl.gc.ca/nrt-ntr-fra), mon numéro se trouvant sur la liste d'exclusion depuis novembre 2009.

Je vous demande donc cordialement de me crisser patience. Si vous n'aviez pas besoin de vous cacher outre-mer pour donner libre cours à vos escroqueries, vous comprendriez que je vous demande de ne plus jamais m'appeler.

A.