19 mai 2012

Chère La Presse...


Le titre tel qu'il apparaît sur le site de La Presse.

À quel moment est-il devenu propice à La Presse de prendre position en une par rapport à une loi? Car il ne faut pas se faire d'illusions : annoncer en grandes pompes les résultats d'un sondage bidon réalisé en ligne à un moment où le contenu du projet de loi 78 était méconnu des plus intéressés, et pratiquement inconnu du reste de la population, et surtout dévoiler ces résultats comme s'il s'agissait d'un reflet fidèle de l'avis de la population, c'est effectivement prendre position. Après une vague nuance quant à la méthodologie du «sondage», le journaliste défend même cette méthode en argumentant fallacieusement qu'un jour, un de ces vox pop 2.0 s'est adonné à correspondre à l'éventuel résultat des élections fédérales. Peu convaincant, ne trouvez-vous pas?

Que les résultat d'un tel exercice aient été publiés paraît au départ très peu pertinent, mais on aurait pu simplement le lire et hausse les épaules. Qu'ils aient occupé tapageusement les deux tiers de l'espace non publicitaire de la première page relève d'une manipulation de l'information indigne d'un grand quotidien.


Alors... qu'en est-il?


Est-ce que La Presse souhaite faire croire à la population qu'elle-même est en faveur de cette loi inconstitutionnelle? Ce serait douteux. Ou bien La Presse croit-elle vraiment à la validité d'un coup de sonde en ligne sur un sujet encore peu connu des répondants? Ce serait inquiétant. Ou encore, La Presse réalise-t-elle que l'importance qu'elle a donné à ce gadget statistique est largement exagérée, et reconnaîtra-t-elle son erreur? Ce serait déjà mieux.


En attendant, on ira lire autre chose. La confiance n'y est plus.


(Le lien du texte original de Denis Lessard.)

3 commentaires:

Guillaume Lajeunesse a dit...

Les deux citations, bien meilleures, sous la photo des policiers, rachètent difficilement cette bévue...

Les sondages, en général, s'ils sont massivement dévoilés, introduisent un paramètre de subjectivité important. En effet, le sujet modifie souvent l'objet qu'il analyse. J'aime pas les moutons, et sitôt que je vois un sondage, je crains que le résultat le plus fort n'exerce une attraction sur les plus faibles, qu'un effet d'entraînement se fasse, et que le prochain sondage portant plus ou moins sur la même question ne dévoile des résultats similaires, quoique accentués...

Donc non seulement, comme tu le dis, les résultats de sondages sont parfois douteux - en l'occurrence, maintenant, vu que ce projet de loi n'a pas encore été beaucoup médiatisé -, il y a en plus la menace, selon moi, de l'effet d'entraînement. Las! je ne suis pas sociologue.

Alexandre Béland a dit...

Tu n'as pas tort. Bien au contraire, «les gens» ont une tendance à trouver du réconfort dans le fait de faire partie de la majorité.

Ceci dit, le projet de loi 78 est maintenant devenu une Loi, et si le sondeur en expliquait objectivement toutes les implications, le résultat serait probablement très différent.

Alexandre Béland a dit...

Réponse pré-mâchée de La Presse, qui ne répond aucunement à quoi que ce soit. Tout comme ce dossier dont ils font mention ne répond à rien.

«Bonjour,

Nous vous remercions d’avoir pris le temps de nous écrire.

Les commentaires de nos lecteurs sont importants, et nous vous remercions de nous avoir fait part du vôtre. Éric Trottier, éditeur adjoint et Mario Girard, directeur de l’information de La Presse ont publié un texte dans La Presse d’aujourd’hui que nous vous invitons à lire Des idées et des solutions. Ce texte informe nos lecteurs d’un cahier spécial composé de textes sur des solutions aux conflits proposés par nos lecteurs et de la publication d’un nouveau sondage dans les prochains jours.

Salutations cordiales,

Frédérique
Pour l’équipe de La Presse»

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