8 mai 2009

Rallye métro-bars #10 : Villa-Maria


Villa-Maria, une station qui nous laisse songeurs. C'est bien dans un sens, car la pige au sort nous a permis jusqu'à présent de varier les secteurs. Je ne sais pas si j'ai mentionné que ce défi se déroule à Montréal... C'est maintenant fait, au cas où quelqu'un se poserait la question (un de mes deux lecteurs marocains, par exemple).

Comme d'habitude, nous délimitons notre territoire en urinant partout en consultant notre plan du secteur. Notre expérience nous invite à ignorer complètement l'est, où se trouve à peu près rien sauf Villa Maria, une école secondaire privée pour filles dont l'entrée à elle seule nous intimide par sa grille et sa longue allée bordée d'arbres. Plus loin, c'est Westmount. Alors non.

Le boulevard Décarie, où nous nous trouvons, n'offre rien d'intéressant au premier coup d'oeil vers le nord et vers le sud. Il ne reste qu'une solution : l'avenue de Monkland. Ce soir, nous envahissons NDG!

Nous avons obtenu une information d'une source qui suggérait un joli pub nommé Ye Old Orchard au coin de la rue du même nom. En approchant, ça nous frappe comme une enseigne lumineuse turquoise de huit mètres carrés : euh... une enseigne lumineuse turquoise de huit mètres carrés proclamant «taverne» en lettres minuscules (ce qui est un peu contradictoire). Tout près se trouve Ye Old Orchard. C'est décidé, nous n'allons pas plus loin.

Nous sommes un peu déçu de constater que la Taverne est un restaurant. Nous entrons donc à l'autre place. C'est presque plein, mais nous trouvons des sièges bien orientés vers le téléviseur. Nous commandons chacun une pinte de Newcastle, j'y ajoute un scotch, et nous sommes heureux. L'endroit a de la classe, nous passerons une agréable soirée.

C'est alors que surviennent les surprises. Notre serveur, Milos (nom inventé par moi), nous apporte des pâtes dans deux bols. Il nous informe que c'est gratuit parce que le pub possède un permis de restaurant et non de bar, ce qui l'empêche de servir uniquement de l'alcool à ses clients. L'escouade de la moralité peut aller se rhabiller, personne ne nous prendra pour des gens sortis boire une bière. D'autant plus que Ben engloutit ses pâtes comme un tigre mangerait une mangouste.

L'arrivée d'un chansonnier provoque notre départ hâtif. Nous nous dirigeons vers l'ouest, j'informe Ben du nom d'un hibiscus chez un fleuriste, nous parlons d'araignées... Et nous nous retrouvons parfaitement nulle part. Nous profitons du passage d'un autobus en direction opposée pour tenter de revenir au métro et trouver autre chose, et c'est à partir du véhicule en mouvement que nous remarquons un véritable bar qui nous avait échappé.

Nous sortons et marchons de nouveau vers l'ouest pour retrouver le Typhoon Lounge, apparemment un bar très couru par la population de Montréal-Ouest et du monde entier. Ce n'est pas vilain en effet. Nous trouvons de l'espace sur une banquette vacante en velours, et armés chacun d'une de ces immenses pintes de Hoegaarden, nous savourons la victoire des Canucks aux dépens des Blackhawks.

Je crois qu'un bar où la Hoegaarden coûte à peine 50 ¢ de plus qu'une pinte de Boréale, et où nous avons trouvé le premier urinoir noir que nous avions vu, c'est un bar qui mérite d'être considéré comme une spectaculaire victoire dans le cadre du rallye métro-bars.

Pistes d'exploration dans les environs : Le boulevard Décarie aurait pu révéler des surprises au nord et au sud. Nous ne croyons pas que ce soit le cas avant d'approcher des limites des territoires appartenant aux métros Vendôme et Snowdon cependant.

Le récit de Ben de cette soirée indique que nous ne sommes pas d'accord sur tous les points.

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