22 avril 2009

Rallye métro-bars #7 : Langelier


Verdun-Langelier, c'est long. En fait, ça dure vingt-neuf minutes, selon les plans du métro qu'on trouve dans les stations. Vingt-neuf longues minutes, si vous voulez mon avis...

Le récit
C'est vers 17h30 le 20 avril que nous apprenons que la station Langelier sera notre destination dans le cadre du rallye métro-bars. L'enjeu est de taille : c'est le troisième match de la série du Canadien contre les Bruins. La défaite pousserait le Canadien à un match de l'élimination.

En sortant du métro, la rue Sherbrooke semble prometteuse dans un sens et dans l'autre, mais les limites sont claires : pas plus loin que l'avenue de Carignan à l'ouest, et pas plus loin que le centre de l'avenue Haig à l'est, sans quoi on déborde en territoire des stations Cadillac ou Radisson. Histoire d'aller explorer un peu, on met le cap vers le sud sur Langelier.

Outre quelques petits commerces au coin de la rue de Marseille (dont Vincent Sous-Marins, qui nous a rassasiés), c'est complètement résidentiel. Nous sommes bien en banlieue. On y trouve principalement des duplex ou des quadruplex en rangée, jusqu'à ce qu'on arrive au coin d'Hochelaga, où se termine le boulevard Langelier. En face, c'est le Musée du corps des magasins militaires, qui occupe la partie nord du grand territoire de la base militaire Longue-Pointe, des forces armées canadiennes.

Nous marchons vers l'est jusqu'à l'avenue Haig, et on le voit... Le bar Nul Part (sic). C'est très beau. Une discussion nous permet de constater qu'on n'est pas d'accord au sujet de l'appartenance de l'endroit au métro Langelier. Peut-être est-il sur le territoire de Radisson. Nos plans nous aident un peu et on décide d'abandonner et de revenir sur Sherbrooke par Haig. Les maisons de cette avenue sont majoritairement unifamiliales et très dépareillées. C'est un coin fort charmant, en somme. Nous rencontrons même une pépinière en cours de route. Ça me plait.

Je reviendrai sur le bar Nul Part un peu plus loin.

De retour sur Sherbrooke, nous prenons vers l'ouest. Une sorte de restaurant chinois ou bar ou motel annonce qu'il présente des soirées karaokés. Nous nous aventurons dans le stationnement du motel... mais non, c'est n'importe quoi. Nous continuons.

Nous arrivons à notre point de départ et Ben me convainc qu'il n'y a strictement rien au nord de la station Langelier, sauf un bar au coin de Beaubien. C'est assez loin, pas trop loin, mais la première période est commencée et la rue Sherbrooke pourrait nous fournir le havre souhaité.

Arrivés à notre limite établie, l'avenue de Carignan, nous remarquons le bar El Cid... juste de l'autre côté. Une autre discussion s'engage afin de déterminer si c'est plus proche du métro Langelier ou de Cadillac.

Le résultat est le même qu'il le fut pour le Nul Part : hors limite, ou trop incertain pour rendre une décision. J'y reviendrai également.

En marchant, nous avions vu un salon de quille dans la Centre Commercial Domaine, juste à côté de la station de métro. Nous y retournons, décidés à nous rendre au bar près de Beaubien si c'est un échec. C'est une soirée de ligues aux quilles, et le salon est plein. Il n'y a que deux places assises (et occupées) devant la seule télé qui présente le match de hockey. Dans la section bar, il y a également un téléviseur... éteint, et datant des années 70. Les regards des nombreux joueurs nous donnent l'impression d'être tout aussi à notre place qu'un duo de gazelles dans un cabinet de dentiste. On oublie ça.

Cependant, il y a le resto pub Aurora dans ce centre commercial, et c'est là que nous décidons de nous arrêter. (Attention : ne suivez le lien que si vous avez un accès haute vitesse... C'est lourd.) Si près de notre point de départ... Et ça se révèle exactement ce que nous cherchions : des télés partout, de la bière, et des vieux qui jacassent, dont un fanfaron qui prend pour Boston. Probablement un autre crétin qui va juste y aller pour le favori, peu importe la situation.

La parenthèse...
Il existe une seule bonne raison de ne pas souhaiter la victoire de l'équipe locale. Si vous habitez à Montréal, mais êtes originaires, mettons, du New Jersey, je peux comprendre que vous encouragiez les Devils. Par contre, un habitant de Pointe-Saint-Charles né à Ville-Émard, ça ne prend pas pour les Bruins, sauf pour se faire remarquer, ce qui est l'apanage d'un connard.

La seule exception à cette règle : un ancien partisan des Nordiques a le droit de continuer d'haïr le Canadien. Parce que nous aussi, on continue d'haïr les Nordiques. Fin de la parenthèse.

La discussion à l'Aurora
Le temps est aux questions concernant notre mission. Quelques points méritent d'être approfondis. Nous en parlons en regardant la défaite de 4 à 2 du Canadien.

Tout d'abord, nous constatons que notre dernier récit, au métro Mont-Royal, s'est révélé être le meilleur à date. Pas que la soirée ait été plus agréable (bien que je crois que ce fut le cas), mais surtout, nos comptes rendus respectifs ont atteint une complémentarité que j'ai particulièrement appréciée.

Nous avons remarqué une constante lors de nos expéditions. Outre l'omniprésence de cimetières et de restaurants de déjeuners (et de Tim Hortons), nous semblons toujours nous diriger d'abord le plus loin possible avant de revenir sur nos pas. Nous pourrions explorer les environs immédiats des stations de métro et nous arrêter dès que nous trouvons quelque chose de potable, quitte à changer de place entre deux périodes si ça s'avère un flop. Puisque nous pigeons la station à peine une heure ou deux avant le match, nous appliquerons probablement cette nouvelle approche bientôt.

Le retour sur Nul Part
Je reviens maintenant sur les bars Nul Part et El Cid. Concernant ce dernier, j'avais raison, c'est environ 200 mètres plus proche de Cadillac. Le sens de la règle est plutôt «à quelle station débarquerions-nous pour aller à cet endroit». Dans ce cas, la réponse est claire. Par contre, Ben va probablement me fusiller en apprenant que le Nul Part est clairement 400 mètres plus proche de Langelier, en marchant.

C'est pourquoi nous devrons faire un ajustement dans notre équipement. Des connexions sans fil sont disponibles un peu partout et il serait pratique d'avoir un moyen de les utiliser pour vérifier les distances sur place, avec l'outil de mesure de trajet de Google Earth. Nous vous tiendrons au courant des développements à ce sujet, que ce soit un iPod Touch ou un netbook.

Le Canadien en six?
Finalement, le Canadien ne va pas très bien, c'est le moins qu'on puisse dire. Jusqu'à présent, notre défi impliquait les matchs de l'équipe locale, et nous aurions aimé que ça dure jusqu'en juin. Cependant, bien que je n'aie personnellement jamais jeté la serviette avant la fin, il faut parler de l'après. Étant donné mon emploi du temps et celui de Ben, la prochaine pige n'aura pas lieu avant le 28 avril. Ce sera la game 7 de la série, si le miracle se produit. Sinon, on fait quoi?

Les matchs des séries éliminatoires sont tous présentés à la télé. Nous continuerons donc sans Canadien s'il le faut, puisque cette mission doit être menée jusqu'au bout. D'ici la fin des séries, nous utiliserons à peu près les mêmes règles, à l'exception du fait que le match présenté pourra opposer n'importe quelles équipes. Ce n'est pas encré dans le béton. Mais je crois qu'il s'agit du meilleur scénario envisageable pour l'instant. Après la Coupe, on verra. Mais on n'arrêtera pas sous prétexte que c'est l'été. On a l'Impact, on a les Alouettes, il y a des courses de F1... Et nous avons déjà une idée des critères hors saison. Nous vous en parlerons en temps et lieux.

Il n'est plus possible que ma prédiction des Canadiens en six se réalise, mais je garde espoir pour la victoire. Je sais, c'est très improbable, mais ce n'est pas complètement impossible. Au pire, j'accepterai de couler avec le bateau. C'est la faute de Ted le canard, tout ça...

Bon.

La conclusion
Pour la première fois aujourd'hui, je vous ai raconté nos discussions concernant ce rallye. Pour la première fois, le Canadien pourrait vaincre une situation 0-3 en séries (après neuf occasions, dont trois contre les criss de Bruins). Pour la première fois, le rallye métro-bars emporte une relique de sa soirée : le boss de l'Aurora nous a offert un magnifique fanion de voiture Bud Light avec le logo de la LNH, annonçant génériquement «en route vers la coupe».

Je n'ai pas de voiture et je ne planifie pas conduire bientôt. Qui veut ce fanion? Il est à vous. Le premier qui le réclame en commentaire sera le gagnant.

Pistes d'exploration dans les environs : ce bar au coin de Langelier et de Beaubien. Il n'y a clairement rien d'autre.

Je vous propose ici le récit de Ben.

2 commentaires:

webfil a dit...

Ton offre de fanion est visiblement peu populaire.

«encré dans le béton», vraiment?

À propos de la parenthèse :
Ici à Québec, les partisans des 29 équipes de la LNH autres que les Canadiens de Montréal -soit 75% de la population de la ville- commmencaient à devenir désagréable et je suis presqu'heureux de voir cette série se terminer rapidement, mettant aussi fin à des railleries insipides de piliers de taverne en ma direction et celle de mon fidèle acolyte exilé montréalais. Dans cette ville, les connards, c'est nous.

Le personnage Germain de l'émission Km/h n'était-il pas lui aussi un partisan des Bruins sans être un connard?

Raton a dit...

Bon, tu m'as eu, je suis Jean Perron à l'écrit. Encré dans le béton... Je le défendrai comme on aime un bébé laid.

Quant au reste... Le connard est celui qui va en tout temps se ranger derrière le favori, et en faire grand bruit. Un opportunisme mal placé. Du bruit pour rien. Une telle envie de pouvoir dire «j'avais raison» qu'on en perd la partie sentimentale de l'attachement à une équipe.

Être un fan de Boston ne fait pas de quelqu'un un crétin. Je crois que c'est assez clair. Mais être un fan de Boston à Montréal, on s'entendra que c'est un peu courir après le trouble.

S'il n'était pas clair que la parenthèse était lancée d'un ton plus ou moins sérieux, c'est tant pis. Les anciens partisans des Nordiques sont dans une zone grise. Perdre son équipe locale, c'est comme un repêchage d'expansion. Je respecte ces partisans dépouillés comme ceux des Jets ou des Whalers.

Finalement, le fanion. Il ne porte aucune mention du Canadien. Il est franchement laid, pour dire vrai. Son impopularité découle peut-être du fait que peu de gens ont eu le courage de se rendre jusqu'à la fin de ce billet interminable.

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